USINE
Extension du site LOU GASCOUN à Eymet
2017
LOU GASCOUN
2 800 m²
EYMET (24)
2 000 000 €
PHILIPPE-HENRI GAILLARD
Contexte et enjeux
La société LOU GASCOUN – MERCADIER, producteur de spécialités régionales commercialisées sous la marque Sabana, a engagé l’extension de son site de production à Eymet pour répondre à la croissance de ses capacités industrielles. L’opération portait sur la construction d’un bâtiment de 2 800 m² sur deux niveaux, comprenant deux nouvelles zones de production, un local de maintenance, des vestiaires et des bureaux. Le site, classé ERT (Établissement Recevant des Travailleurs), continuait d’accueillir une activité en cours tout au long des phases d’études et de travaux, ce qui imposait de coordonner chaque intervention sans perturber la production existante.
L’enjeu central de cette extension était l’intégration d’une infrastructure technique adaptée aux exigences d’un site de production alimentaire industrielle. Les équipements de process mobilisent des puissances élevées et imposent une continuité de service sans défaillance : une coupure prolongée sur l’alimentation électrique ou sur le système de traitement des effluents pouvait entraîner des conséquences directes sur la chaîne de fabrication et sur l’environnement. La refonte de l’alimentation depuis le raccordement au réseau HTA jusqu’à la distribution dans chaque zone fonctionnelle du site constituait le premier enjeu technique structurant de l’opération.
Notre mission
ODETEC est intervenu en bureau d’études fluides, aux côtés de l’architecte Philippe-Henri GAILLARD et d’un bureau d’études structure, pour une mission couvrant les lots CVC/PBS et électricité courants forts et faibles. La mission était de type base VISA étendue à l’EXE, couvrant les phases de conception (APS, APD, PRO, DCE) jusqu’à l’assistance aux opérations de réception, avec visa des notes de calcul fournies par les titulaires de lots et conduite des études EXE.
Sur le volet électricité, ODETEC a assuré la rédaction du CCTP du lot courants forts et faibles, la conception des schémas de distribution, le dimensionnement des armoires et tableaux divisionnaires, ainsi que la coordination des réservations avec les lots structure et CVC/PBS. La phase étendue à l’EXE a porté sur l’approbation des calculs de câbles et schémas d’exécution soumis par les entreprises, puis sur la conduite des essais de vérification et de mise en service.
Les défis techniques relevés
L’extension du site nécessitait une refonte complète de l’alimentation électrique pour absorber la montée en charge des nouvelles zones de production. Le raccordement en tarif vert EDF, d’une puissance souscrite de 630 kVA, a conduit à la création d’un poste HT/BT dédié intégrant une armoire générale basse tension (AGBT) et un tableau général basse tension (TGBT). La distribution a été organisée en six tableaux divisionnaires, chacun affecté à une zone distincte (productions 1 et 2, maintenance, vestiaires et bureaux soumis à la RT2012, bâtiment existant), avec une sélectivité des protections étudiée à chaque niveau pour isoler un défaut aval sans interrompre les zones en cours de production. Une batterie de compensation automatique d’énergie réactive, dimensionnée à partir d’une semaine de mesures en charge, a complété le dispositif pour maîtriser les appels de puissance des équipements motorisés et réduire la facturation en énergie réactive.
La continuité de service des équipements de traitement des eaux constituait un enjeu spécifique au contexte de ce site agroalimentaire. Le bassin de rétention et le système de lagunage, indispensables au traitement des effluents de process, ne pouvaient tolérer aucune interruption prolongée des pompages en cas de défaillance du réseau. Un groupe électrogène industriel de 7,5 kVA a été intégré dès la phase PRO pour reprendre automatiquement les pompes de relevage et l’automate de filière au premier défaut secteur, avec permutation de source à coupure visible. Les exigences de séquence de démarrage, de câblage de télécommande et d’autonomie du réservoir ont été formalisées dans le CCTP comme des contraintes contractuelles opposables aux entreprises titulaires du lot électricité.