HÔTEL
Restructuration et extension de l’Hôtel de la Plage
2024
NICOLAS LASCOMBES
762 m²
LEGE-CAP-FERRET (33)
2 400 000 €
ATELIER DELPHINE CARRÈRE
Voir le siteContexte et enjeux
L’Hôtel de la Plage occupe depuis plusieurs décennies une place singulière à L’Herbe, village de pêcheurs de la commune de Lège-Cap-Ferret, posé en bordure directe du Bassin d’Arcachon. L’établissement exploitait dix chambres dont l’organisation intérieure datait d’une autre époque : une salle d’eau collective pour l’ensemble des résidents, une accessibilité PMR inexistante, et des espaces restaurant et cuisine dont la fonctionnalité ne correspondait plus à l’ambition de la maison. Nicolas Lascombes, propriétaire de la SCI Hôtel de la Plage, a engagé une opération de restructuration et d’extension complète de 762 m², représentant un budget travaux de 2 400 000 € HT.
L’opération articule plusieurs programmes : treize chambres entièrement reconfigurées avec salle de bains privative chacune (en remplacement des dix existantes), création d’une chambre accessible au rez-de-chaussée, réfection du restaurant, de sa cuisine et de ses locaux annexes, aménagement d’un espace d’accueil dédié aux résidents, et traitement du toit des garages en entrée de site. Le caractère du site ajoutait une contrainte transversale : une atmosphère marine particulièrement corrosive, imposant des standards de durabilité élevés sur l’ensemble des installations techniques. Nommé en 2025 parmi les 100 meilleurs endroits du monde par le classement TIME Magazine, l’établissement rénové illustre la capacité de l’ingénierie technique à soutenir une ambition commerciale de premier plan.
Notre mission
ODETEC est intervenu en bureau d’études TCE, en co-traitance avec l’Atelier Delphine Carrère (architecte mandataire), sur une mission de base avec VISA des études d’exécution. Les lots techniques couverts incluaient notamment la structure, la CVC (chauffage, ventilation, climatisation), la plomberie sanitaire, l’électricité courants forts et courants faibles, et le VRD.
La configuration du projet imposait de concevoir des systèmes distincts selon les zones d’usage : un système à débit réfrigérant variable (VRV 3 tubes) pour les treize chambres et l’accueil, une installation de chauffage hydraulique au gaz pour le restaurant, et une ventilation spécifique compensation-extraction pour la cuisine professionnelle. L’enjeu central de la mission a résidé dans la cohérence du schéma technique global, dimensionné d’emblée à la capacité finale du projet, tout en permettant un phasage d’exécution sur deux années consécutives sans reprise de réseau entre les phases.
Les défis techniques relevés
L’hôtel est implanté à quelques mètres de la baie, sur un site en exposition directe à l’atmosphère saline du Bassin d’Arcachon. Cette contrainte a conditionné la sélection et la mise en œuvre de l’ensemble des équipements exposés à l’air extérieur. L’unité extérieure du VRV a été choisie avec des échangeurs en cuivre à ailettes aluminium revêtues d’un film de résine anti-sel, et complétée d’un gainage de refoulement acoustique sur mesure en acier galvanisé avec revêtement intérieur traité. Les liaisons frigorifiques extérieures cheminent sur chemins de câbles avec couvercle métallique plein pour les protéger des UV et de l’embruns. La mise en service a intégré une mise sous pression d’azote de vingt-quatre heures avant charge frigorifique, garantissant l’étanchéité du réseau dans cet environnement exigeant. Les exigences acoustiques des chambres (niveau de bruit maximal 35 dB(A)) ont, elles, conduit à généraliser les plots antivibratiles, manchettes souples et gaines flexibles isophoniques sur l’ensemble du système.
Le second défi portait sur la construction dans un environnement dunaire, avec un hôtel implanté sur un sol sableux et une dune située immédiatement à l’arrière du bâtiment. Cette configuration a nécessité la mise en œuvre de fondations spécifiques, adaptées à la faible portance et à la mobilité potentielle du terrain. Les terrassements, les réseaux enterrés et les raccordements techniques ont dû être coordonnés avec précision afin de préserver la stabilité des ouvrages, limiter les reprises de sol et sécuriser les interventions en phase chantier. Cette contrainte géotechnique, propre au contexte littoral, a fortement orienté la conception et l’exécution des ouvrages enterrés comme des installations techniques extérieures.