BUREAUX
Réhabilitation du siège de la CACIMA
2027
CACIMA
1 653 m²
ST-PIERRE-ET-MIQUELON (975)
2 500 000 €
GRIN CONSEILS / THOMAS HUS ARCHITECTE
Voir le siteContexte et enjeux
Le bâtiment principal de la CACIMA, construit en 1980 en R+2 sur le front de mer de Saint-Pierre, constitue le siège opérationnel de la Chambre d’Agriculture, de Commerce, d’Industrie, de Métiers et de l’Artisanat de Saint-Pierre-et-Miquelon, établissement public administratif qui représente les 600 entreprises de l’archipel. Après plus de quarante ans de service, le bâtiment accuse des signes de vieillissement importants, présente des dysfonctionnements fonctionnels et affiche des consommations énergétiques incompatibles avec les objectifs de la collectivité. Trois études préalables avaient posé le diagnostic : un audit de l’état technique en 2017, un audit énergétique en 2018, et un repérage amiante en 2020.
L’opération vise simultanément la rénovation énergétique et la réhabilitation fonctionnelle du bâtiment principal de 961 m², avec pour objectif contractuel une réduction des consommations d’au moins 30 % par rapport à la situation initiale et la sortie totale des énergies fossiles. Elle s’inscrit dans un contexte géographique sans équivalent en métropole : Saint-Pierre-et-Miquelon est une collectivité d’outre-mer de l’Atlantique nord, à 4 700 km de la France continentale, dont le climat maritime froid, les vents dominants soutenus et l’exposition directe au front de mer imposent des spécifications techniques qui s’écartent sensiblement des référentiels habituels. Le budget prévisionnel arrêté par la CACIMA pour les travaux est de 2 500 000 euros.
Notre mission
Odetec est intervenu en ingénierie structure au sein du groupement de maîtrise d’oeuvre retenu par la CACIMA, aux côtés de Thomas Hus Architecte. La mission couvre l’intégralité des phases réglementaires, des études d’avant-projet sommaire jusqu’à l’assistance aux opérations de réception, en incluant les études d’exécution (EXE), la direction de l’exécution des travaux (DET), et la mission d’ordonnancement, pilotage et coordination (OPC), intégrée avec la coordination des systèmes de sécurité incendie. L’opération est allotie en 10 lots, de la dépose-désamiantage jusqu’à la serrurerie, en passant par les lots d’isolation par l’extérieur et de plomberie-chauffage-ventilation.
L’intervention structurelle d’Odetec a porté sur le diagnostic de l’existant, la conception des renforcements nécessaires et la coordination avec les corps d’état impactant la structure, notamment le lot de désamiantage et curage (Lot 01) et le lot de charpente-bardage-isolation par l’extérieur (Lot 05). Sur un bâtiment de 1980 implanté en front de mer et soumis aux conditions climatiques de l’Atlantique nord, le diagnostic structurel constituait le prérequis indispensable pour dimensionner les interventions sur l’enveloppe et garantir la pérennité des solutions de rénovation.
Les défis techniques relevés
Le premier défi tient à la conjonction entre le désamiantage et la continuité structurelle du bâtiment. Le repérage amiante réalisé en 2020 avait identifié la présence de matériaux amiantés dans le bâti, ce qui impose un phasage strict entre les opérations de curage et de retrait (Lot 01) et les renforcements structurels. Odetec a établi un séquençage précis pour que les entreprises de désamiantage disposent d’une séquence d’intervention sans risque de déstabilisation, tout en garantissant la stabilité des planchers et des éléments porteurs pendant les phases de dépose. Ce travail de coordination préventive, formalisé dès la phase PRO et traduit dans les pièces contractuelles du DCE, conditionne la réussite de l’ensemble des interventions sur l’enveloppe qui suivent.
Le second défi est propre au contexte insulaire. À Saint-Pierre-et-Miquelon, le bâtiment est exposé à des vents régulièrement supérieurs à 70 km/h, à la corrosion marine et à des cycles de gel-dégel prononcés, conditions qui dictent des exigences de dimensionnement sensiblement différentes de celles en vigueur en métropole. Les ancrages de l’isolation thermique par l’extérieur (Lot 05 : charpente, bardage, ITE) ont dû être calibrés pour résister aux charges de vent locales tout en assurant une continuité thermique compatible avec l’objectif de réduction des consommations. La sortie du fioul et la transition vers de nouveaux systèmes de chauffage-ventilation (Lot 08) ont par ailleurs nécessité d’intégrer les passages de réseaux dans une structure réhabilitée dont les contraintes d’accueil avaient été vérifiées en phase EXE.