BUREAUX
Rénovation énergétique de la Cité administrative de Périgueux
2024
PREFECTURE DE LA DORDOGNE
19 530 m²
PERIGUEUX (24)
4 529 012 €
ARCHISTUDIO
Voir le siteContexte et enjeux
La Cité administrative de Périgueux regroupe sur un même site une dizaine de services de l’État (DDFiP, UD DREAL, DDCSPP, DT ARS, DDT 24, UDAP, SPIP, Secrétariat Général Commun) répartis dans plusieurs bâtiments construits à des époques différentes (bâtiments A, C, H, I, J). Inscrite dans le programme national de rénovation des cités administratives porté par le Ministère de l’Intérieur, l’opération vise à la fois à densifier l’occupation des bâtiments pour rationaliser le patrimoine immobilier de l’État et à améliorer significativement leur performance énergétique. Le maître d’ouvrage délégué est l’antenne SAFI-GIM de Toulouse.
L’enjeu programmatique est double. D’une part, accueillir 708 postes de travail dans les bâtiments existants en mobilisant les locaux vacants, les combles aménageables du bâtiment H et l’extension du bâtiment I, tout en respectant les ratios de surface définis par le programme (objectif 13,92 m² SUN/PdT, 22,38 m² SUB/PdT). D’autre part, atteindre des objectifs énergétiques ambitieux à l’échelle de l’ensemble du site (17 733 m² SUB) alors que les bâtiments présentent des typologies, des classements ERP et des installations techniques très hétérogènes. L’opération se déroule par ailleurs en site occupé, avec maintien de l’activité des services pendant la durée des travaux.
Notre mission
Aux côtés d’ARCHISTUDIO (architecte mandataire), Odetec assure la maîtrise d’œuvre des lots techniques de l’opération : CVC, plomberie, électricité courants forts et courants faibles, SSI, ainsi que les études thermiques et environnementales (RT rénovation, E+C− pour la partie neuve, simulation thermique dynamique, démarche HQE). La mission couvre l’ensemble des phases d’études (APS, APD, PRO, DCE) et le suivi de chantier.
L’angle structurant de la mission est la combinaison rénovation lourde + extension neuve sur un parc bâti hétérogène : il faut concevoir des installations performantes pour le bâtiment I (extension neuve visée E3C1) tout en redéployant les équipements existants des bâtiments A, C, H et J (chaufferies, CTA, GTB, contrôle d’accès, pointage) selon une logique de remplacement ciblé plutôt que de reprise globale, afin de tenir l’enveloppe travaux. Les études de coût global, d’estimation des CEE et la rédaction de la charte de chantier à faibles nuisances font également partie du périmètre.
Les défis techniques relevés
Le premier défi concerne le traitement énergétique différencié des bâtiments. Chacun des bâtiments A, C, H, J présente une situation d’installation propre : chaudières gaz Guillot avec rendements faibles à remplacer en bâtiment A et J, groupes froids fonctionnant au R22 (fluide interdit) en bâtiments A et J, ventilation simple flux non conforme en bâtiment H, convecteurs électriques à reprendre en bâtiment C. Le travail a consisté à dimensionner pour chaque bâtiment un bouquet de travaux cohérent (remplacement des chaudières par des unités à condensation, mise en place de récupération d’énergie sur les CTA, remplacement des circulateurs par des modèles à variation de vitesse, optimisation de la régulation et des courbes de chauffe, raccordement des nouveaux équipements à la GTB existante du bâtiment A) pour atteindre les objectifs globaux de gain énergétique et de réduction d’émissions de CO₂ sur l’ensemble du site, sans surinvestissement sur les installations encore en état.
Le second défi tient à l’extension neuve du bâtiment I, où la production thermique repose sur des pompes à chaleur. L’architecte a fait le choix de masquer l’amenée et le rejet d’air des PAC derrière des « failles verticales » d’apparence discrète intégrées à la façade. Les calculs aérauliques ont montré qu’une seule série de failles ne pouvait pas assurer simultanément le refoulement et l’amenée d’air sans dégrader le fonctionnement des PAC ; le parti retenu a été de dissocier les flux, en réservant les failles à l’amenée d’air et en déportant le refoulement par des sorties de toiture au droit des PAC. Ce traitement permettait à la fois de respecter l’intention architecturale et les performances acoustiques attendues sur ce site mitoyen d’un quartier résidentiel.