ECOLE
Réhabilitation de l’école André Boissière
2025
COMMUNE DE PERIGUEUX
1 283 m²
PERIGUEUX (24)
3 500 000 €
AGENCE WHA !
Voir le siteContexte et enjeux
L’école élémentaire André Boissière occupe un ensemble bâti de 1 283 m² au cœur du quartier Saint-Martin de Périgueux, à proximité immédiate du centre-ville. Quartier hétérogène et multiculturel connaissant une croissance démographique soutenue, il accueille une population scolaire en hausse dans des bâtiments dont l’état général reflétait plusieurs décennies sans réhabilitation significative : performances thermiques insuffisantes, accessibilité PMR non conforme, installations techniques vétustes. La présence d’amiante, identifiée sur la toiture de la salle polyvalente et dans certains conduits, ajoutait une contrainte opérationnelle forte à la conduite du chantier.
La Commune de Périgueux a engagé cette réhabilitation avec trois enjeux simultanés. Le premier, énergétique et sanitaire, consiste à améliorer sensiblement le confort thermique et la qualité de l’air intérieur dans un ERP de type R accueillant enfants et enseignants à longueur d’année. Le deuxième est réglementaire : mettre l’établissement en conformité accessibilité PMR par la création d’ascenseurs et le traitement des cheminements, tout en gérant le désamiantage en milieu scolaire occupé. Le troisième enjeu est urbain : redonner à cet équipement son rôle de repère de quartier, avec une cour désimperméabilisée par des pavés enherbés, des espaces partagés réaménagés et une identité architecturale renouvelée par le choix de matériaux biosourcés.
Notre mission
Odetec est intervenu en maîtrise d’œuvre TCE, en co-traitance avec l’agence WHa! Warneys & Hoffmann architectes (mandataire), depuis les phases de conception jusqu’à la réception des travaux en avril 2025, dans le cadre d’une mission de base étendue à l’EXE. La mission couvrait l’ensemble des lots techniques, incluant notamment CVC et plomberie-sanitaire, électricité courants forts et courants faibles, structure, VRD et économie du second oeuvre, ainsi que les études thermiques et l’analyse détaillée des performances des parois dès la phase APD.
L’enjeu particulier de la mission a été de conjuguer performance thermique, confort d’été et qualité de l’air intérieur en recourant à des matériaux biosourcés et à des systèmes passifs, dans un bâtiment occupé imposant un phasage rigoureux des interventions. Dès l’APD, Odetec a produit une notice de performances thermiques analysant huit types de parois, dont les propriétés d’inertie et de déphasage ont guidé le choix des isolants avant la phase PRO/DCE, permettant de coordonner les solutions d’enveloppe et les systèmes de ventilation en amont de la consultation des entreprises.
Les défis techniques relevés
Le premier défi a été de définir une stratégie d’enveloppe cohérente pour un bâti hétérogène dont les murs existants présentaient des déphasages thermiques allant de 8 à 23 heures selon les typologies, avec des risques de condensation avérés sur plusieurs d’entre eux. Odetec a produit une notice thermique détaillée portant sur huit types de parois, analysant pour chacun l’état existant et l’état projet en termes de résistance thermique, profil d’humidité et comportement en confort d’été. La solution retenue combine une isolation extérieure biosourcée en laine de bois avec bardage bois et une isolation intérieure en laine de chanvre sur les parois intérieures : le déphasage atteint 12 à 24 heures sur l’ensemble des parois réhabilitées, contre 8 à 23 heures à l’état existant, et les risques de condensation sont supprimés par piquage de l’enduit extérieur sur les murs présentant des remontées capillaires identifiées dans la notice.
Le second défi tenait à la ventilation : assurer le renouvellement d’air réglementaire des salles de classe, du réfectoire et de la salle polyvalente tout en maîtrisant le confort d’été en zone climatique H2c, dans des bâtiments dépourvus de climatisation mécanique. Odetec a dimensionné un système de ventilation double flux avec rafraîchissement adiabatique, complété par la ventilation naturelle via les ouvrants. Cette approche répond aux débits d’air neuf par local (15 m³/h/occupant en salle de classe, 22 m³/h/occupant au réfectoire) tout en assurant un rafraîchissement passif adapté à la zone, sans fluide frigorigène. La coordination des travaux en site occupé a imposé de gérer les déposes-reposes des installations existantes par phases en préservant le fonctionnement des salles non concernées, et d’organiser les interventions de désamiantage sur les périodes de fermeture scolaire.