CFA
Extension et restructuration du CFA d’Agen
2025
CHAMBRE RÉGIONALE DES MÉTIERS ET DE L’ARTISANAT DE NOUVELLE-AQUITAINE (CRMA)
8 700 m²
AGEN (47)
8 200 000 €
TLR ARCHITECTURE
Voir le siteContexte et enjeux
La Chambre de Métiers et de l’Artisanat de Région Nouvelle-Aquitaine engage, à partir de 2020, sous concours de maîtrise d’œuvre, l’extension et la restructuration du Centre de Formation d’Apprentis d’Agen (le plus ancien CFA de France) réparti sur deux sites distincts en cœur de ville : le site historique de l’impasse Morère, qui regroupe les pôles d’enseignement général et les ateliers de l’alimentation (boulangerie, pâtisserie, boucherie-charcuterie, services, commerce, vente), et le site de l’avenue de Colmar, destiné à accueillir, en construction neuve, les pôles automobile-mécanique, chaudronnerie-soudure et carrosserie-peinture, ainsi que le pôle coiffure. La SEM 47 assure l’assistance à maîtrise d’ouvrage.
L’opération porte une triple ambition. Urbaine et institutionnelle d’abord, avec la reconfiguration des deux sites en « campus des métiers » lisible et adressé sur l’espace public, capable d’accueillir plus de 800 apprentis. Pédagogique ensuite, l’organisation des ateliers étant repensée selon une trame commune, adaptée à chaque métier (sas vestiaire, salle de technologie, atelier d’application, fonctions supports). Programmatique et logistique enfin : le CFA devant rester en activité pendant toute la durée du chantier, le projet est conçu en opération-tiroir sur trois phases successives, le site de Colmar étant livré en premier pour permettre le déménagement des activités déplacées depuis Morère avant la réhabilitation des bâtiments existants. Les deux emprises sont, par ailleurs, soumises au Plan de Prévention du Risque Inondation de la ville d’Agen, qui conditionne l’implantation et le calage altimétrique des constructions neuves.
Notre mission
Aux côtés de TLR Architecture (mandataire), Odetec a assuré la maîtrise d’œuvre des lots fluides (chauffage, ventilation, climatisation, plomberie, fumisterie), des VRD, ainsi que de la cuisine professionnelle et de l’équipement de boulangerie, et a piloté la démarche environnementale (HQE) du projet. La mission, confiée en base étendue à l’EXE, a couvert l’ensemble des phases d’études, depuis le concours jusqu’au suivi de chantier.
Le travail technique a été structuré par deux exigences fortes du programme. D’une part, la double nature du projet, qui combine, sur le site Morère, la rénovation lourde d’équipements anciens en site occupé et, sur le site Colmar, la conception de bâtiments neufs intégrant des ateliers à process spécifiques. D’autre part, la contrainte PPRI commune aux deux emprises, qui a imposé d’intégrer le risque inondation dès le calage des productions thermiques et des réseaux enterrés, et de conduire les études hydrauliques nécessaires pour démontrer la neutralité du projet sur les écoulements de la Garonne.
Les défis techniques relevés
Le premier défi a porté sur la refonte de la production de chaleur du site Morère, à conduire sans interrompre l’activité du CFA. La chaufferie gaz d’origine, vétuste et exiguë, logée au rez-de-chaussée du pôle boulangerie-pâtisserie, a été déposée et remplacée par une chaufferie gaz à condensation neuve, implantée à la jonction de deux bâtiments et surélevée au-dessus de la cote PPRI. Cette chaufferie alimente, via un réseau de chaleur enterré, des sous-stations qui desservent les bâtiments réhabilités et l’extension, tandis que la chaufferie gaz du pôle alimentation a été conservée et rénovée. Le basculement a été calé pendant les congés scolaires d’été 2024 pour limiter la gêne d’exploitation, et un système de récupération d’énergie sur les groupes froids du pôle pâtisserie a été intégré au préchauffage de l’eau chaude sanitaire afin d’améliorer le rendement énergétique global du site.
Le second défi tient à la diversité des process à traiter dans les ateliers du site Colmar, qui imposent des installations de ventilation très différenciées d’un local à l’autre. L’atelier mécanique a été équipé d’extractions dédiées aux gaz d’échappement, l’atelier soudure d’aspirations sur poste, l’atelier carrosserie-peinture d’un traitement spécifique sur cabine de peinture, et le pôle coiffure d’une centrale double flux à préfiltration intégrant un mode free-cooling, justifié à la fois par la proximité de l’avenue (acoustique, qualité d’air extérieur) et par les rejets internes de teintures et de laques. Pour les salles de technologie attenantes aux ateliers, une solution de ventilation naturelle, assistée par modules à tirage régulé, a été retenue afin d’assurer les débits réglementaires et un rafraîchissement nocturne passif, sans recourir à un traitement d’air mécanique. L’ensemble est piloté par une GTB multi-métiers mutualisée à l’échelle des deux sites, support du suivi des consommations, du confort et des alarmes techniques.