MAISON MÉDICALISÉE
Construction d’une maison de santé à Sanilhac
2024
COMMUNE DE SANILHAC
826 m²
SANILHAC (24)
2 000 000 €
SOUVENIR D'UN FUTUR
Contexte et enjeux
La commune de Sanilhac, en Dordogne, portait depuis plusieurs années le projet de se doter d’une maison de santé pluridisciplinaire regroupant médecins généralistes, kinésithérapeutes, infirmiers et ostéopathes sous un même toit. L’objectif était de créer une structure mutualisée de 826 m² capable d’ancrer des professionnels de santé en zone rurale, en remplaçant des cabinets dispersés par un lieu partagé favorisant les échanges entre praticiens sans compromettre la confidentialité des consultations. Un concours de maîtrise d’œuvre a été organisé en 2022 pour sélectionner l’équipe.
L’enjeu environnemental était explicitement inscrit au programme : bâtiment neuf conforme à la RE2020 avec une démarche bioclimatique et bas-carbone. Sur un site de Notre-Dame-de-Sanilhac offrant 1 129 m² d’espaces extérieurs, l’opération devait conjuguer le choix de matériaux biosourcés, l’optimisation de l’inertie thermique par toiture végétalisée, et l’implantation d’un système de production d’énergie renouvelable. La conception devait par ailleurs répondre aux contraintes de qualité d’air et d’acoustique propres à un ERP de santé accueillant plusieurs types de praticiens aux usages distincts.
Notre mission
Odetec est intervenu en maîtrise d’œuvre technique, en co-traitance avec l’agence Souvenir d’un futur (architecte mandataire), depuis les études de conception jusqu’aux études d’exécution (mission base étendue à l’EXE). La mission couvrait l’ensemble des lots techniques, notamment : VRD et aménagements extérieurs, CVC/plomberie sanitaire, ingénierie thermique RE2020, électricité courants forts et courants faibles, ainsi que la coordination du système de sécurité incendie.
La mission d’Odetec a été construite dès la phase concours autour d’un impératif de cohérence technico-économique : assembler un bouquet de systèmes calibré au budget d’une commune à ressources limitées. La géothermie verticale eau/eau a été retenue comme colonne vertébrale énergétique, associée à un plancher chauffant/refroidissant assurant le rafraîchissement estival par géocooling, à une ventilation naturelle ou hybride selon les saisons, et à une production photovoltaïque en autoconsommation. Chaque arbitrage a visé la sobriété d’exploitation tout en répondant aux cibles RE2020.
Les défis techniques relevés
Le premier défi a été de dimensionner un champ de sondes géothermiques dans les 1 129 m² d’espaces extérieurs, en couvrant à la fois le chauffage hivernal et le rafraîchissement estival sur une emprise contrainte. La puissance nécessaire a été établie à 36 kW sur la base d’une extraction du sol évaluée à 54 W/ml dans le contexte géologique local. Le système retenu comprend dix sondes verticales de 51 mètres de profondeur espacées de 10 mètres, couplées à une PAC eau/eau alimentant un plancher chauffant basse température. En été, le même plancher est exploité en géocooling : la fraîcheur naturelle des sondes est injectée directement dans le réseau sans démarrer le cycle thermodynamique, avec une consommation limitée aux pompes de circulation — un choix qui supprime toute unité de refroidissement visible en façade.
Le second défi portait sur la qualité d’air et le confort intérieur dans un ERP de santé à usages hétérogènes. La conception bioclimatique — orientation optimisée, toiture végétalisée pour amortir les surtempératures, bardages et isolants biosourcés — a permis de dimensionner une ventilation naturelle ou hybride selon les saisons, limitant la dépendance aux systèmes mécaniques tout en maîtrisant les consommations électriques. Pour les salles de consultation, la gestion acoustique et la confidentialité ont guidé la distribution des espaces et le choix des finitions intérieures. Le SSI, en équipement d’alarme de type 4, assure l’évacuation de ce bâtiment ERP de 5e catégorie avec des moyens exploitables par le personnel non spécialisé de la commune.