ECOLE
Construction du groupe scolaire de Saint-Laurent-sur-Manoire
2025
COMMUNE DE BOULAZAC-ISLE-MANOIRE
1 280 m²
ST-LAURENT-SUR-MANOIRE (24)
4 600 000 €
SOUVENIR D’UN FUTUR
Contexte et enjeux
La commune nouvelle de Boulazac Isle Manoire, née en 2017 du regroupement de quatre communes du Grand-Périgueux, a fait de la mise à niveau de son parc scolaire une priorité d’investissement structurante. À Saint-Laurent-sur-Manoire, le groupe scolaire primaire était dispersé sur quatre bâtiments distincts au cœur d’un centre-bourg historique remarquable : deux corps de l’ancien château du XVIIe siècle (classes élémentaires et restaurant scolaire), une grange reconvertie en école maternelle Carmen Felix, et l’école Jules Ferry. Cette organisation éclatée accueillait 111 élèves dans des conditions fonctionnelles dégradées, sans unité pédagogique ni mutualisation des espaces périscolaires.
Le projet de construction d’un groupe scolaire neuf de 1 280 m² (quatre classes sous direction unique, restaurant scolaire satellite et espaces périscolaires ALSH mutualisés avec le centre de loisirs mitoyen) porte un triple enjeu. Rationaliser l’emprise bâtie dans un centre-bourg à forte valeur patrimoniale : le site s’insère dans le périmètre délimité des abords (PDA) de l’église romane inscrite à l’inventaire des monuments historiques et dans une zone d’archéologie préventive. Hisser la performance environnementale au niveau E4C1 du label E+C-, correspondant à un bâtiment à énergie positive (BEPOS) conforme à la RE2020, dans la continuité de la politique engagée avec le groupe scolaire Yves Péron livré en 2021. Proposer enfin un équipement de proximité confortable, sobre et durable, dimensionné pour s’intégrer à long terme dans l’économie de services du bourg.
Notre mission
Aux côtés de SOUVENIR D’UN FUTUR, architecte mandataire, Odetec a assuré la maîtrise d’œuvre technique en qualité de bureau d’études fluides et d’ingénierie environnementale, dans le cadre d’une mission de base étendue aux études d’exécution. La mission couvrait l’ensemble des lots techniques, incluant notamment le chauffage, la ventilation, la plomberie sanitaire, la géothermie sur sondes, l’électricité courants forts et courants faibles, le SSI, les VRD et la programmation de la cuisine collective, ainsi que le pilotage de la démarche de performance énergétique et carbone tout au long des phases de conception.
L’angle structurant de la mission a été de conduire dès la phase APS la cohérence technico-environnementale du projet : simulations thermiques dynamiques (STD) menées sur des fichiers météo actuels et projetés à 2050 pour garantir la résilience du confort estival sans recours excessif au rafraîchissement actif, dimensionnement du champ géothermique à partir des résultats du test de réponse thermique (TRT) préalable, et cadrage des besoins énergétiques intrinsèques du bâtiment avant tout choix de production. Les systèmes ont été sélectionnés dans une logique de frugalité technologique : réduire les besoins par l’enveloppe et la conception bioclimatique, compenser ensuite par les énergies renouvelables.
Les défis techniques relevés
Atteindre le niveau E4C1 (bâtiment à énergie positive avec faible bilan carbone) dans un programme scolaire de 1 280 m² tout en maintenant une philosophie Lowtech constituait le fil directeur de l’ingénierie. L’enjeu était d’éviter le recours à des systèmes complexes pour compenser des lacunes d’enveloppe, en inversant l’ordre de priorités : réduire d’abord les besoins via la conception bioclimatique (protections solaires calibrées, inertie thermique, étanchéité à l’air visée à Q4 < 1,2 m³/h/m²), puis dimensionner la production en cascade. La solution de production thermique retenue s’appuie sur une pompe à chaleur géothermique sur champ de sondes verticales (6 forages à 200 mètres de profondeur en PEHD double-U, dont le forage issu du TRT) associée à une installation photovoltaïque dimensionnée pour couvrir le talon de consommation incompressible et la production de froid en période d’occupation. La STD, engagée dès l’APS et actualisée jusqu’à la livraison, a permis à chaque phase de valider que les objectifs de confort estival et de bilan énergétique étaient tenus sans dérive techniciste.
Intégrer un restaurant scolaire satellite de 140 à 160 repas par jour dans l’enveloppe d’une école primaire de 1 280 m² a imposé un travail de programmation fonctionnelle rigoureux. Le service fonctionnant en liaison chaude, les repas livrés, remise en température et dressage sur place, la zone cuisine (environ 222 m²) a été conçue pour respecter la marche en avant entre locaux de production, laverie et local déchets, tout en garantissant deux circuits d’accès à la salle à manger distincts : par liaison intérieure chauffée pour les maternelles, directement depuis la cour pour les élémentaires. La salle de 80 places est rendue modulable par un système de petites cloisons mobiles afin d’adapter les services : une à deux rotations à table pour les maternelles, une ligne de self-service permettant jusqu’à 2,5 services pour les élémentaires, sans doublement de surface. L’aire de service et de livraison, accessible depuis la rue et dissociée des flux piétons des élèves, a été intégrée à la clôture du groupe scolaire.