GENDARMERIE
Construction de la gendarmerie de Saint-Denis-de-Pile
2027
GIRONDE HABITAT
1 509 m²
ST-DENIS-DE-PILE (33)
2 991 000 €
ATELIER DU TRAIT
Voir le site13
Contexte et enjeux
Gironde Habitat, bailleur social du département de la Gironde, porte la réalisation simultanée de trois gendarmeries dans le département : à Lacanau, à Saint-Ciers-sur-Gironde et à Saint-Denis-de-Pile. Le programme de ce dernier site comprend 328 m² de locaux de service et techniques destinés à accueillir les fonctions opérationnelles de la brigade, ainsi que 13 logements de fonction pour les gendarmes et leurs familles, pour une surface bâtie totale de 1 509 m² et un coût de travaux de 2 991 000 € HT.
L’opération réunit deux programmes aux exigences bien distinctes. La partie gendarmerie doit respecter les référentiels d’expression des besoins de la Gendarmerie Nationale (volets A et B), avec des contraintes de sécurité périmétrique poussées : volets roulants CR3, bornes escamotables et vidéo-détection de la zone de stationnement. Les logements, de leur côté, obéissent aux exigences de la réglementation thermique RE2020 et à une philosophie programmatique de sobriété équipementière, afin de maîtriser les charges pour les locataires. Articuler ces deux programmes sur une même emprise impose une réponse technique soigneusement calibrée, notamment sur le plan de la stratégie énergétique.
Notre mission
ODETEC intervient en co-traitance aux côtés de l’Atelier du Trait (architecte mandataire) sur l’ensemble des trois sites du marché. Pour la gendarmerie de Saint-Denis-de-Pile, la mission couvre les phases ESQ à AOR, dans le cadre d’une mission Base VISA : lots CVC et plomberie-sanitaire, électricité courants forts et courants faibles, voiries et réseaux divers, avec en complément une mission d’économie de second oeuvre.
La mission a été structurée autour d’un enjeu central : concevoir une stratégie énergétique cohérente pour un bâtiment réunissant deux typologies aux besoins distincts. Les exigences de confort propres à la gendarmerie (climatisation ciblée, ventilation des locaux techniques) devaient s’articuler avec la contrainte de charges maîtrisées sur les logements, tout en satisfaisant aux objectifs de recours aux énergies renouvelables fixés par le RE2020 et le programme. Le dimensionnement des lots fluides a été conduit en tenant compte d’une analyse de site signalant un fort potentiel géothermique sous la parcelle.
Les défis techniques relevés
Tenir les objectifs du RE2020 sur un bâtiment hybride, tout en maintenant des charges d’exploitation raisonnées pour les locataires, impose un arbitrage énergétique rigoureux. L’analyse de site du programme signale un fort potentiel en géothermie très basse énergie sur la parcelle, ouvrant la voie à une production centralisée par sondes géothermiques couplées à une pompe à chaleur. La production d’ECS solaire thermique pour les logements constitue une autre piste cohérente avec les objectifs de consommation locative. ODETEC a conduit l’étude de faisabilité énergétique en comparant les scénarios : géothermie centralisée versus aérothermie (PAC air/eau par bâtiment), en intégrant les contraintes d’accès à la parcelle sécurisée, les coûts d’exploitation comparés et la compatibilité des toitures avec une production photovoltaïque.
Le programme impose un plafond de 28°C pour la quasi-totalité des locaux, sans définir de seuil horaire d’inconfort, tout en demandant une climatisation uniquement pour la salle opérationnelle (26°C) et le local technique de site (23°C). Cette rédaction programmatique posait une question de conception dès la phase APS : peut-on garantir les 28°C par des moyens passifs (inertie thermique, ventilation traversante, protection solaire des baies vitrées) sans étendre la climatisation à l’ensemble du bâtiment ? L’étude APS a calibré la réponse thermodynamique, en arbitrant entre limitation des apports solaires et stratégie de surventilation nocturne, pour définir le périmètre exact des locaux nécessitant un rafraîchissement actif et éviter un équipement systématique qui aurait alourdi les charges d’exploitation.