EHPAD
Construction d’un EHPAD à Lèves
2027
FONDATION D'ALIGRE ET MARIE-THERESE
5 324 m²
LEVES (28)
11 300 000 €
CREA'TURE ARCHITECTES
Voir le siteContexte et enjeux
La Fondation d’Aligre et Marie-Thérèse, établissement médico-social public de la fonction publique hospitalière situé à Lèves (Eure-et-Loir), gère depuis plusieurs siècles une palette d’hébergements pour personnes âgées et adultes handicapées sur son site historique. Son EHPAD, limité à 60 places au moment du lancement du projet, ne répondait plus aux standards actuels de confort, d’ergonomie et de prise en charge des résidents atteints de troubles cognitifs. La Fondation a obtenu l’autorisation d’augmenter sa capacité d’accueil pour porter l’établissement à 107 lits, dont 14 en unité protégée, 10 places d’accueil de jour, une plateforme d’accompagnement et de répit, et des locaux prévus pour un futur PASA de 14 places.
L’opération s’inscrit dans un contexte exigeant. Le terrain retenu, rue du Mousseau à Lèves, présente un dénivelé de près de 9 mètres et se situe dans le périmètre de protection de l’Abbaye de Josaphat, classée monument historique, avec des prescriptions architecturales strictes liées au cône de vue de la cathédrale de Chartres.
Notre mission
Odetec est intervenu en maîtrise d’œuvre TCE, en cotraitance avec CREA’TURE ARCHITECTES (mandataire). La mission couvre les phases ESQ jusqu’à la livraison, dans le cadre d’une mission de base étendue à l’EXE. Les lots techniques pris en charge incluent notamment : structure, CVC et plomberie-sanitaire, électricité courants forts et courants faibles, SSI, cuisine, géothermie, VRD, paysage, ainsi que l’économie de la construction pour le second œuvre. Odetec assure également l’ingénierie environnementale du projet dans le cadre d’une démarche HQE visant une performance énergétique RT 2012 -20 %.
L’axe structurant de notre mission a été de concilier l’ambition environnementale du maître d’ouvrage (bilan carbone maîtrisé, matériaux biosourcés et géosourcés, chauffage décarboné par géothermie) avec les contraintes propres à un EHPAD : réglementation ERP exigeante, confort thermique adapté aux personnes vulnérables (plan bleu), logistique multizones et complexité du site. La démarche de simulation thermique dynamique (STD), engagée dès l’APS, a permis de calibrer les besoins et de valider les hypothèses de dimensionnement avant chaque jalon de validation.
Les défis techniques relevés
Le principal défi énergétique du projet était de concevoir un système de chauffage et de rafraîchissement performant sans recourir aux énergies fossiles, sur un site pour lequel la faisabilité géothermique était incertaine. Odetec a conduit une étude hydrogéologique complète pour évaluer le potentiel d’exploitation de la nappe, aboutissant à un principe de double production : une pompe à chaleur eau/eau alimentée par géothermie sur nappe pour le chauffage de l’ensemble du bâtiment, le géocooling des locaux soumis au plan bleu (salles à manger, hall) et un tiers de la production d’ECS ; une pompe à chaleur air/eau en appoint pour sécuriser la montée en température de l’ECS et couvrir les pointes. La puissance de chauffage dimensionnée en phase APS atteint 110 kW pour une surface chauffée de 4 570 m², valeur à confirmer par STD en APD. Ce schéma permet de répondre aux exigences du plan bleu (maintien du confort thermique des résidents les plus fragiles en été) sans installer de climatisation active sur l’ensemble du bâtiment.
La géologie du site a constitué le second défi majeur. Les études de sol ont mis en évidence la nécessité de fondations spéciales, dans un contexte de terrain fortement incliné (dénivelé de 9 m), de présence de cavités et de carrières à proximité, et de sols à argiles gonflantes, de niveau d’aléa moyen. La conception structurelle a dû intégrer ces contraintes dès les premières phases, en articulant un bâtiment sur niveaux décalés (simple RDC côté entrée nord, R+1 en zone nord, niveau RDJ partiellement enterré côté sud) et en anticipant les fondations spéciales dans l’enveloppe budgétaire de l’opération. La coordination VRD a également pris en compte les réseaux de télécommunication en servitude PT1 sur le terrain et la gestion des eaux pluviales dans le cadre de la loi sur l’eau.