HÔPITAL / CENTRE HOSPITALIER / CHU
Construction du bâtiment SMR et hôpital de jour
2027
CENTRE HOSPITALIER DE LANMARY
3 200 m²
ANTONNE ET TRIGONANT (24)
9 800 000 €
CARI FAYAT / JUSTIN-DEFOS DU RAU ARCHITECTES - JDR
Voir le siteContexte et enjeux
Le Centre Hospitalier de Lanmary engage la construction d’un nouveau bâtiment de Soins Médicaux et de Réadaptation (SMR) sur son domaine d’Antonne-et-Trigonant, dans le cadre d’un transfert de lits depuis le CH de Périgueux. L’opération, conduite en Marché Global Sectoriel (MGS), porte sur un programme de 3 530 m² développé en R+1 : une unité d’hospitalisation de 40 lits SMR gériatrique, un hôpital de jour de cardiologie de 15 places, un plateau technique de rééducation à orientation pneumo-cardiologique, et un espace de balnéothérapie. Le projet inclut la liaison avec le bâtiment SMR existant, un jardin thérapeutique accessible aux patients et des stationnements dédiés, pour un montant de travaux de 9,8 M€ HT.
L’opération s’inscrit dans un contexte doublement contraint. Le domaine du Château de Lanmary est inscrit au patrimoine pittoresque depuis 1979 (servitude AC2), ce qui soumet toute disposition constructive à l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France. Les investigations géotechniques ont de surcroît révélé des formations karstiques importantes sous l’emprise du projet, rendant les fondations superficielles impraticables. Enfin, le chantier se déroule en site occupé : le centre hospitalier reste en activité pendant les travaux, avec des contraintes de raccordement aux réseaux existants (chaufferie, TGBT, courants faibles, SSI) et de maintien des accès aux bâtiments voisins.
Notre mission
ODETEC est intervenu en qualité de bureau d’études TCE dans le cadre d’un Marché Global Sectoriel, aux côtés de JDR Architecture (architecte). La mission couvre les phases de conception et de VISA, depuis les études de base jusqu’à l’examen des plans d’exécution des entreprises. Les pôles techniques mobilisés comprennent notamment : structure, CVC et plomberie sanitaire, électricité courants forts et courants faibles, thermique réglementaire et environnementale, VRD, SSI, ainsi que l’économie du second oeuvre.
L’enjeu central de la mission a été d’articuler un programme médico-technique complexe autour des infrastructures existantes du CH de Lanmary. Le raccordement à la chaufferie bois du site pour le chauffage et l’ECS, l’extension du TGBT et de la centrale SSI , l’intégration des fluides médicaux (O2, air comprimé médical, vide) dans les gaines tête de lit des chambres et des locaux de plateau technique, et le dimensionnement de l’espace balnéothérapie (PSE) avec son circuit de traitement d’eau et sa gestion climatique dédiée, ont constitué le coeur du travail de coordination technique.
Les défis techniques relevés
Le premier défi concerne les fondations et l’insertion patrimoniale du bâtiment. Les études géotechniques G1 ont mis en évidence des formations karstiques importantes sous l’emprise du projet, rendant toute fondation superficielle inapplicable. ODETEC a dimensionné un système de fondations profondes par micropieux, conçu pour franchir les couches instables et atteindre les strates portantes. En parallèle, la servitude AC2 du site inscrit impose la validation de l’ensemble des dispositions constructives par l’Architecte des Bâtiments de France. Les choix de façade (bardage en tuile plate FLAT-10, enduits, béton lasuré) et de toiture (couverture sur charpente bois en fermettes industrielles, toiture-terrasse végétalisée partielle) ont été calibrés dès les premières phases pour satisfaire ces exigences patrimoniales tout en respectant les performances thermiques et acoustiques du programme.
Le second défi porte sur la stratégie énergétique et la gestion des systèmes médico-techniques. Le bâtiment est raccordé au réseau de chaleur bois existant du CH de Lanmary, qui assure le chauffage via des radiateurs à eau chaude et des ventilo-convecteurs, ainsi que la production d’ECS. Le refroidissement est assuré par une PAC eau-eau (EER ≥ 3,46, puissance absorbée nominale ≤ 78 kW) alimentant un réseau 4 tubes. Cette stratégie, complétée par des panneaux photovoltaïques et une toiture végétalisée partielle, a permis d’atteindre le niveau E3C1 du référentiel E+C- et de descendre à 69,96 kWhef/m²/an, soit 56 % en dessous du garde-fou décret tertiaire horizon 2030 (Cep RT2012 : 119,4 kWhEP/m²/an pour un plafond réglementaire de 220,1). La mission SSI a porté sur l’extension de la centrale CMSI existante, la mise en oeuvre d’un système anti-fugue, d’un appel malade et d’une GTC intégrant l’ensemble des équipements techniques du bâtiment.