BUREAUX
Construction d’un bâtiment SPIP à Mauzac
2023
DISP BORDEAUX
1 415 m²
MAUZAC (24)
2 100 000 €
COCO ARCHITECTURE
Voir le siteContexte et enjeux
Le Centre de Détention de Mauzac, géré par la Direction Interrégionale des Services Pénitentiaires de Bordeaux (DISP de Bordeaux), s’étend sur un site riverain de la Dordogne, dans la commune de Mauzac-et-Grand-Castang (Dordogne, 24). Les services du SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation) et plusieurs services administratifs du centre opéraient jusqu’alors dans des locaux dispersés sur le site, nuisant à leur cohérence fonctionnelle. En 2019, la DISP de Bordeaux a engagé les études pour la construction d’un bâtiment indépendant d’environ 714 m² de surface utile, de plain-pied, implanté sur une parcelle non bâtie (ancien verger) entre les deux structures pénitentiaires, à proximité du parking général de l’établissement.
Le programme rassemblait des fonctions aux exigences très différentes : bureaux de consultation du SPIP avec une forte exigence d’isolation acoustique pour la confidentialité des entretiens, pôle insertion, locaux médicaux dédiés à la santé des personnels, salles de réunion mutualisables et services administratifs divers. La commune est couverte par une ZPPAUP (Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbanistique et Paysager), qui imposait l’avis de l’Architecte en Chef des Bâtiments de France pour le permis de construire. L’opération s’inscrivait dans le cadre d’un marché public, avec une démarche environnementale de type HQE intégrée dès la conception, sans demande de certification, et un objectif de performance BEPOS.
Notre mission
Aux côtés de COCO Architecture (agence mandataire), Odetec est intervenu en bureau d’études TCE dans le cadre d’une mission étendue à l’EXE. La mission couvrait l’ensemble des lots techniques, incluant notamment le CVC et la plomberie, l’électricité courants forts et courants faibles, les études thermiques réglementaires (RT2012), les structures (ossature bois et fondations béton) et le VRD. Elle s’est déployée depuis les phases de conception jusqu’aux études d’exécution et au suivi de chantier.
L’angle structurant de la mission a été de concevoir un bâtiment à ossature bois conforme à la RT2012 dans un contexte de double contrainte : les prescriptions architecturales de la ZPPAUP d’une part, les exigences d’usage propres au milieu pénitentiaire de l’autre, incluant la confidentialité acoustique entre bureaux, l’intégration d’une GTC multisystèmes et le sous-comptage des consommations. La démarche HQE, engagée dès la phase de programmation, a structuré les choix constructifs et les systèmes techniques à chaque phase des études.
Les défis techniques relevés
Le premier défi a été de concevoir une enveloppe performante en ossature bois sur un terrain à portance variable, tout en satisfaisant aux prescriptions formelles de la ZPPAUP. Le rapport géotechnique de 2019 avait identifié des couches de compacité inégale, conditionnant le dimensionnement des fondations selon les descentes de charges. La structure principale associe des murs à ossature bois, avec isolant de 145 mm dans l’ossature et doublage intérieur de 100 mm, à une toiture rampante isolée par 300 mm de laine minérale et à un plancher bas sur terre-plein avec 140 mm d’isolation sous dallage béton. L’étude thermique RT2012, produite en phase DCE en février 2022, a attesté la conformité réglementaire : Bbio = 46,5 pour un seuil maximal de 63,0 et Cep = 50,9 kWhEP/m²/an pour un seuil maximal de 63,0, soit des marges de 26 % et 19 % sous les valeurs limites. L’ossature bois s’est ainsi révélée pertinente à la fois au regard des objectifs environnementaux et de l’intégration paysagère imposée par la zone protégée.
Le second défi concernait les exigences acoustiques liées à la fonction SPIP. Les entretiens individuels entre conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation et les personnes suivies supposent une confidentialité qui dépasse les standards d’un immeuble tertiaire courant. Le programme imposait un niveau sonore de ventilation inférieur à 40 dBA dans les zones sensibles et une isolation acoustique renforcée entre chaque bureau. La VMC double flux a été dimensionnée pour respecter ce seuil et conçue de manière à ne pas constituer un vecteur de transmission acoustique entre les différentes zones fonctionnelles : SPIP, pôle insertion, pôle santé et locaux administratifs. La GTC, intégrée depuis les premières phases de conception, centralise la gestion du chauffage, de la ventilation, de l’éclairage et de la détection intrusion, tout en permettant un mode de fonctionnement manuel de repli pour chaque équipement en cas de défaillance du système.