CINÉMA
Réhabilitation du château de Palmer en cinéma
2026
UTOPIA
900 m²
CENON (33)
1 944 000 €
SHALUMO
Voir le siteContexte et enjeux
Le Château Palmer est un édifice en maçonnerie de pierre datant des années 1830, implanté rue Aristide Briand à Cenon (Gironde), à proximité immédiate de l’agglomération bordelaise. Pour le réseau coopératif SCOOP Utopia, le bâtiment d’environ 800 m² représente l’opportunité de créer un cinéma art et essai 3 salles dans un lieu à forte identité patrimoniale. Le programme rassemble trois salles de projection, un espace d’accueil, un foyer/café, une salle des associations et des sanitaires. L’ambition du projet est de restituer les qualités architecturales d’origine du château, que de nombreuses transformations successives avaient progressivement effacées, tout en l’adaptant à ces nouveaux usages.
L’opération conjugue plusieurs contraintes rarement réunies. La structure patrimoniale en maçonnerie de pierre — fondations inconnues, planchers anciens aux compositions non documentées — a imposé une campagne d’investigation préalable avant tout arbitrage technique. La création de salles de projection requiert par ailleurs des doubles hauteurs, des planchers inclinés et une isolation acoustique rigoureuse, difficiles à obtenir dans un bâtiment du XIXe siècle dont la géométrie n’était pas prévue pour cet usage. Enfin, l’équipe de maîtrise d’œuvre s’est fixé un objectif de sobriété constructive exigeant : aucune climatisation conventionnelle, des matériaux biosourcés et géosourcés, et une démarche de réemploi des éléments issus de la déconstruction, qui a structuré l’ensemble des choix techniques.
Notre mission
Aux côtés de SHALUMO Architectes (mandataire), Odetec est intervenu en bureau d’études TCE, couvrant les lots techniques, notamment CVC/PBS, électricité courants forts et courants faibles, thermique et structure. La mission a débuté en 2022 par un diagnostic (DIAG) et s’est déroulée en phases successives jusqu’au rendu DCE en février 2025 : esquisse (ESQ), avant-projet sommaire (APS), avant-projet définitif (APD), études de projet (PRO) et dossier de consultation des entreprises (DCE). Le suivi de chantier en VISA et DET est en cours, le projet étant actuellement en phase de réalisation.
Le périmètre structure a été déterminant dans l’économie de l’opération : Odetec a piloté un programme de reconnaissance géotechnique (missions G2 AVP et G5) ainsi que 20 sondages destructifs et non destructifs sur les parois, planchers et fondations existants, qui ont permis de caractériser les capacités portantes réelles avant tout arbitrage de conservation ou de démolition-reconstruction. Sur le plan CVC et thermique, l’enjeu central a été de concevoir le confort d’été sans aucun système de climatisation, en coordination étroite avec l’architecte et le bureau d’études environnement, à partir des propriétés intrinsèques de l’enveloppe du bâtiment et de la ventilation naturelle.
Les défis techniques relevés
Concevoir le confort thermique d’été sans climatisation dans un programme cinéma. Un établissement cinématographique génère des charges thermiques élevées : forte densité d’occupation lors des projections, dégagements de chaleur des équipements de projection, faible taux de renouvellement d’air en séance. Renoncer à la climatisation dans ce contexte exige une réponse dimensionnée avec précision. Odetec a travaillé conjointement avec l’architecte et le bureau d’études environnement sur trois leviers : exploitation de l’inertie thermique des murs en pierre, dont l’épaisseur et la masse thermique ont été caractérisées lors de la campagne de sondages structuraux ; intégration de matériaux à forte capacité de régulation hygrothermique — terre crue et béton de chanvre — dans les complexes de parois intérieures, qui contribuent au déphasage thermique et à l’absorption de l’humidité ; surventilation nocturne pour évacuer les calories accumulées pendant les séances de la journée. Le bâtiment bénéficie ainsi d’un rafraîchissement passif efficace entre séances.
Adapter les planchers et la charpente d’un château du XIXe siècle aux contraintes volumétriques des salles de cinéma. Pour créer une salle de projection au rez-de-chaussée avec un plancher incliné et une hauteur suffisante, il a été nécessaire de créer un niveau intermédiaire entre le plancher bas du RDC et le sous-sol existant, en prenant appui sur les murs porteurs en maçonnerie ; le plancher RDC a été supprimé dans cette zone. Les deux salles du R+1 ont nécessité des adaptations structurelles comparables. La charpente bois, vétuste et partiellement remaniée, a été entièrement reconstruite dans l’esprit du bâtiment d’origine. L’ensemble de ces interventions n’a pu être calibré qu’après les 20 sondages de reconnaissance structurelle, qui ont établi les capacités portantes effectives des ouvrages existants et permis d’arbitrer ce qui pouvait être conservé, renforcé ou reconstruit.